Si vous vous référez à d'anciens bulletins, gardez à l'esprit que certaines des adresses Web étaient correctes au moment de la publication du bulletin, mais qu'elles peuvent ne plus être exactes aujourd'hui. Nous ne prévoyons pas mettre à jour les anciens numéros du bulletin.
L'Institute of Biomedical Engineering (IBME) de l'Université du Nouveau-Brunswick s'est vu accorder une aide financière par le Fonds d'innovation de l'Atlantique (FIA). La deuxième phase de financement du FIA a été annoncée à Fredericton le 12 septembre.
M. Bernard Hudgins, directeur de l'IBME, dirigera le projet consacré à la création de dispositifs médicaux sans fil utilisés dans le domaine de la réadaptation. L'IBME fait de la recherche et crée des instruments technologiques pour les domaines de la médecine et de la réadaptation depuis plus de 30 ans, y compris les systèmes à commande myoélectrique, qui sont intégrés à des membres artificiels partout dans le monde.
La recherche dans les domaines de l'analyse du mouvement et de la télésanté et de la cybersanté s'est accrue à l'IBME ces dernières années. On considère que ce projet permettra de réunir les connaissances accumulées dans les deux domaines en vue de la conception d'une technologie utile pour les soins de santé et la recherche.
On a effectuera de la recherche et du développement afin de produire des capteurs de mouvement et des instruments d'analyse qui serviront à la prestation de soins de santé et à l'analyse des mouvements et du rendement. Les capteurs seront intégrés à un appareil orthopédique bien ajusté, à une manche ou à un vêtement, afin de capter les mouvements, la forme et la force et d'enregistrer les données électromyographiques (EMG) des jointures, comme les genoux et les coudes.
Les mouvements seront reproduits à partir de deux angles (grâce à la représentation en 3D), car les analyses de résultats en 2D qui sont faites à partir de bandes vidéo n'ont pas la même efficacité. Les produits envisagés feront appel aux capteurs de mesure à fibres optiques, aux accéléromètres électroniques, aux goniomètres électroniques et aux cellules de mesure. Les chercheurs combineront du matériel et des logiciels afin de créer dans un premier temps des prototypes d'appareils d'analyse du mouvement câblés, puis des prototypes d'appareils sans fil et, enfin, des prototypes d'appareils sans fil à port prolongé.
Le partenaire commercial, Measurand Inc., fournira ses produits révolutionnaires de détection à fibres optiques en 3D ainsi qu'un soutien technique, logiciel et commercial en vue de l'exécution du projet. Le Centre de réadaptation Stan Cassidy, l'Institut de recherche et de développement en réadaptation d'Ottawa et deux chirurgiens orthopédiques comptent aussi parmi les partenaires du projet.
Une contribution du Fonds d'innovation de l'Atlantique ne dépassant pas 1,9 million de dollars sur cinq ans sera versée au projet, dont le coût estimatif total est de 3 millions de dollars. Pour de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec M. Bernard Hudgins, directeur de l'Institute of Biomedical Engineering de l'Université du Nouveau-Brunswick, à Fredericton, Nouveau-Brunswick, au numéro suivant : (506) 453-4966.
La Neil Squire Foundation (NSF) a reçu presque un demi-million de dollars pour jeter les bases d'un centre d'excellence en technologie habilitante. Le 26 août, l'honorable Stephen Owen, secrétaire d'État responsable du ministère de la Diversification de l'économie de l'Ouest (DEO), a annoncé que la fondation basée à Vancouver recevrait 450 000 $ afin de mettre en œuvre un plan d'affaires stratégique pour le centre d'excellence dans le but d'améliorer les possibilités de réseautage du centre et d'étudier les créneaux commerciaux des technologies habilitantes. Une technologie habilitante désigne tout appareil, toute pièce d'équipement ou tout produit qui permet aux personnes handicapées d'accroître, de conserver ou d'améliorer leurs capacités physiques. La technologie habilitante est importante pour les personnes handicapées et pour les personnes vieillissantes et qui ont besoin d'un environnement qui les soutient mieux.
Le plan stratégique servira à examiner des mécanismes de financement non traditionnels afin de créer et de maintenir un centre d'excellence communautaire en technologies habilitantes à la NSF. Ce centre réunira des partenaires de l'industrie du milieu universitaire et d'organisations du secteur privé ou sans but lucratif afin d'aborder des questions telles que les coûts sociaux et économiques élevés qu'assument les personnes handicapées et leurs familles. Le centre étudiera également les problèmes liés aux coûts croissants et aux conséquences rattachées au vieillissement de la population, la nécessité de freiner les coûts liés aux soins de santé au moyen de la technologie et le désir qu'ont les personnes handicapée de vivre le plus possible de façon autonome au sein de la collectivité aussi longtemps qu'elles le souhaitent.
Outre des fonds affectés à la planification stratégique du centre, le DEO prévoit verser des fonds qui aideront la NSF à commercialiser quatre de ses technologies habilitantes. On s'écarte des initiatives de financement traditionnelles, qui couvrent rarement les dernières étapes de la commercialisation, telles que la protection et la gestion de la propriété intellectuelle, la détermination des partenaires commerciaux, le transfert de technologie et l'étude du marché. Ainsi, les technologies de la NSF qui nécessitent un soutien sont l'interfaces contrôlées par cerveau-ordinateur, laquelle met l'accent sur l'utilisation des ondes cérébrales pour activer et contrôler des appareils électroniques sans que l'utilisateur fasse un mouvement; le programme de développement d'ordinateurs de poche, qui vise à faciliter l'accès des personnes à mobilité sévèrement réduite à des ordinateurs de poche tels que les ordinateurs Palm; le SARAW (Speech Assisted Reading and Writing), un logiciel d'alphabétisation destiné aux adultes, actuellement disponible et pour lequel on recherche des débouchés internationaux; et la recherche sur la diminution du nombre de blessures survenues sur le lieu de travail, destinée à transformer les résultats de ces recherches en produits commerciaux.
Lorsqu'il a annoncé le financement, le secrétaire d'État Owen faisait précisément allusion à la contribution que ces technologies habilitantes innovatrices apporteront à la qualité de vie de nombreux Canadiens et Canadiennes. Gary Birch, directeur général de la NSF, a déclaré : «Les récentes innovations dans le domaine de la technologie habilitante peuvent jouer un rôle très important auprès des handicapés en leur permettant de mener une vie complètement autonome au sein de la collectivité. Compte tenu du vieillissement de la population, cette même technologie qui facilite l'autonomie, aidera aussi les personnes âgées à poursuivre leurs activités dans la communauté. Nous sommes très heureux de recevoir cet appui financier très important de la part de Diversification de l'économie de l'Ouest Canada et nous sommes fiers d'être considérés comme un centre d'excellence en matière d'appareils et d'accessoires fonctionnels au Canada».
Le 9 octobre dernier, par une journée lumineuse et ensoleillée, sur les marches de la Colline du Parlement à 12 h 30, avez-vous peut-être remarqué une foule de gens rassemblés qui portaient des lunettes de soleil et écoutaient Terry Kelly chanter. Vous avez peut-être aussi constaté un nombre considérable de cannes blanches et de chiens guides.
Cette activité voulait souligner la Journée mondiale de la vue et portait le message que plus de 80 p. 100 des cas de cécité dans les pays du monde peuvent être prévenus grâce à des programmes d'intervention ou de traitement. Le lancement d'une trousse d'outils sur CD-ROM qui consiste à élaborer un programme permettra de sauver la vue de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants et d'économiser des millions de dollars pour couvrir les coûts de soins de santé. Cette trousse d'outils a été conçue à l'appui de la résolution adoptée à l'échelle internationale de VISION 2020 lors de la 56e assemblée mondiale de la santé tenue en mai dernier à Genève. Au Canada, les partenaires du projet VISION 2020 sont l'Institut national canadien pour les aveugles (http://www.cnib.ca/frn), la Christian Blind Mission International, Eyesight International, ORBIS, la National Coalition for Vision Health, Seva et Operation Eyesight Universal.
Plus de 100 pays ont mis en œuvre des projets de VISION 2020 à l'échelle nationale, mais le Canada figure parmi ceux qui ne disposent pas de programme de prévention de la cécité. Les membres du Parlement ont été invités à participer à cette journée spéciale et à comprendre le véritable sens du «Power of the Dream», le pouvoir du rêve, comme dit la chanson. En plus de recevoir le CD-ROM, on leur remettait des lunettes de soleil pour sensibiliser les gens à l'une des mesures toutes simples que l'on peut prendre pour se protéger les yeux contre les dommages causés par les rayons ultra-violets.
La Canadian Abilities Foundation (CAF — http://www.enablelink.org) a lancé un nouvel inventaire en direct des installations et des services accessibles dans les collectivités de tout le Canada.
L'Access Guide Canada (ACG) couvre tout : cela va des restaurants aux lieux de culte, aux parcs, aux établissements d'hébergement et aux sociétés de transport en passant par les événements et les attractions. Grâce à ce guide, il est plus facile de trouver des services et des ressources accessibles. L'ACG comprend également le nom du directeur des organismes oeuvrant pour les personnes handicapées au Canada, ce qui en fait un instrument d'information encore plus efficace.
Les collectivités qui ont des renseignements sur la accessibilité des ressources locales sont invitées à communiquer avec Jason Bourque au nombre suivant : (416) 923-2885, poste 223, afin de les inclure dans l'ACG.
Par Deb. Finn
[NOTEZ : Le présent article n'a pour but que de donner un aperçu de certains problèmes avec lesquels diverses personnes handicapées sont aux prises lorsque vient le moment d'utiliser des technologies de l'information et de communication, telles que les téléphones cellulaires, et des débats qu'a soulevés cette préoccupation. Rien dans cet article ne doit être interprété comme une indication de l'opinion d'Industrie Canada à ce sujet.]
Vous rappelez-vous de l'époque avant que nous possédions tous ou presque tous un téléphone cellulaire? Vous sentiriez-vous perdus sans cet appareil?
Un nombre croissant de Canadiens et de Canadiennes regrettent avec nostalgie ces jours heureux avant que la téléphonie cellulaire devienne une commodité commune et bien avant que l'on se sente perdu sans cet appareil, sentiment que l'on éprouve à divers degrés. La raison en est fort simple : la plupart des téléphones cellulaires ne sont pas conçus pour répondre aux besoins des utilisateurs handicapées. Pour certains d'entre eux, les téléphones cellulaires ne leur procurent pas davantage de fonctionnalité que les services téléphoniques traditionnels qui comportent des fonctions nécessitant une bonne vue, une bonne ouïe et un contrôle de la motricité fine, mais qui peuvent en fait les empêcher d'utiliser des services pour lesquels ils paient.
Un couple d'Ottawa, Marie et Chris Stark, a déposé une requête devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) pour obtenir un contrôle judiciaire et faire modifier la décision 94-19, soit la décision qu'a rendue le Conseil en 1994 autorisant la vente d'équipement terminal, comme les téléphones et la prestation de services axée sur la demande du marché. Selon ce qu'allèguent les Stark, le problème avec cette approche axée sur le marché est que, même si de nouveaux appareils et services ont été élaborés et introduits sur le marché, ils n'ont pas été en mesure de répondre aux besoins de nombreux clients handicapées, un groupe qui, de l'avis des sociétés de télécommunication, ne représente qu'un segment très minime sur le marché.
Marie Stark a déposé une plainte devant la Commission canadienne des droits de la personne (CCDP) en 1999, mais celle-ci n'a pas été réglée comme il était voulu dans l'espoir d'inciter le CRTC à changer d'avis quant à l'idée de laisser les services de télécommunications aux mains des forces du marché. Le CCDP a conclu qu'il n'était pas investi des compétences nécessaires pour examiner la décision d'abstention du CRTC ou lui ordonner d'exercer ses pouvoirs de réglementation en vertu de la «Loi sur les télécommunications».
Les Stark soutiennent que, bien qu'il ait été peut-être logique au début des années 1990 de permettre une demande dominante sur le marché pour stimuler l'industrie, les technologies et les services de télécommunications disponibles ont considérablement changé au cours des dix dernières années et les consommateurs handicapées sont laissés pour compte. Ils soulignent dans leur argument en instance que ce manque d'accessibilité résulte tant de l'équipement par câble que de l'équipement sans fil et maintiennent que les fournisseurs de services de télécommunications au Canada n'ont pas démontré une bonne volonté à régler cette question qui met en cause les niveaux de service inéquitables qu'ils offrent à leurs clients handicapées par rapport à leur autre clientèle. Quatre organismes pour les personnes handicapées, notamment ARCH: A Legal Resource Centre for Persons with Disabilities, l'Institut national canadien pour les aveugles (INCA), la National Federation of the Blind: Advocates for Equality (NFB:AE) et l'Association des malentendants canadiens (AMEC), ont déposé des observations devant le CRTC, reconnaissant comme les Stark que les organismes canadiens de réglementation des services de télécommunications doivent réagir pour rectifier la situation.
«On ne porte aucunement attention aux besoins des personnes handicapées», soutient Cathy Moore, directrice des consommateurs et des relations gouvernementales pour l'INCA. «Nous souhaiterions que les fournisseurs de services de télécommunications fassent preuve d'un certain intérêt envers les besoins de ces gens et qu'ils les traitent en fonction du segment important du marché qu'ils représentent.»
En fait, il existe sur le marché certains appareils accessibles, mais ils sont souvent onéreux et plus difficiles à se procurer et, en général, ils sont destinés à des utilisateurs malentendants ou atteints de surdité et non à des personnes aveugles ou des partiellement voyants. Geoff FitzGibbon, le gestionnaire national de l'INCA, service des Aides techniques, m'a expliqué que deux approches ont été adoptées à l'égard des utilisateurs aveugles ou partiellement voyants en vue de leur fournir une interface sonore : «soit un appareil pour les personnes aveugles qui consiste en un téléphone doté d'une interface de sortie vocale ou d'un assistant numérique, soit un téléphone cellulaire spécialement programmé muni d'une logiciel de lecteur d'écran qui transcrit tout à l'écran et indique toutes les clés sur lesquelles appuyer».
.«La première option s'avère très onéreuse et les fabricants se sont opposés à cette approche, parce que le marché est petit, si on le compare à celui de la téléphonie cellulaire. Étant donné la nature implacable de ce marché et la rapidité avec laquelle les technologies évoluent, on peut alors comprendre la réticence des fabricants envers cette approche. Je ne connais qu'un seul appareil téléphonique semblable sur le marché et l'unique point de vente canadien se trouve à l'adresse électronique suivante : (www.aroga.com) .
La deuxième approche est moins coûteuse, mais le logiciel ne peut être téléchargé que sur les plus récents téléphones cellulaires disponibles sur le marché qui n'ont pas encore obtenu l'appui de tous les réseaux nord-américains. Le pionnier dans ce domaine est une société d'Espagne; on peut visiter leur site Web à l'adresse suivante : (www.mobileaccessibility.com) .»
Les téléphones cellulaires comportent différents obstacles pour de nombreuses personnes et non seulement des aveugles ou des personnes ayant une basse vision. Pour vraiment comprendre à quel point les divers utilisateurs d'un téléphone cellulaire sont aux prises avec des problèmes, je me suis récemment entretenue avec un trio formé de professionnels qui possèdent un savoir technique et sont également des personnes handicapées. Voici ce qu'ils m'ont dit :
Jim Sanders est un utilisateur de téléphone cellulaire depuis 1990. Récemment, il s'est procuré un nouveau modèle. On lui a affirmé qu'il s'agissait de l'appareil dernier cri doté de caractéristiques de pointe, mais demandez-lui quelles sont ces fonctions et il vous répondra : «Je n'en ai aucune idée!» M. Sanders, président et directeur général de l'INCA, est aveugle. Il indique qu'aucun des choix du menu offerts à une personne voyante qui utilise un téléphone cellulaire ne sont énumérés oralement, de sorte qu'il est incapable de programmer son téléphone. Une personne qui peut voir l'écran doit entrer des numéros dans son répertoire ou changer le mode de la sonnerie pour le mode qui fait vibrer l'appareil. La capacité de messagerie textuelle du téléphone ne lui est d'aucune utilité. «Je peux faire des appels téléphoniques ou en recevoir, mais c'est tout.»
Certains fournisseurs de services de téléphonie cellulaire affirment que les clients, y compris les aveugles ou partiellement voyants, peuvent demander au personnel de ventes de leur programmer des fonctions lorsqu'ils achètent un nouvel appareil, mais M. Sanders souligne que vous ne pouvez tout de même pas revenir au magasin chaque fois que vous avez besoin d'ajouter un nouveau numéro à votre répertoire, de programmer la composition rapide ou de reprogrammer les fonctions de votre téléphone. On ne peut pas non plus toujours se fier à notre famille ou à nos amis pour s'en occuper.
«J'aimerais être capable d'utiliser toutes les mêmes fonctions dont mon appareil est doté, comme peut le faire une personne voyante», poursuit-il. Grâce à la technologie de pointe, c'est un souhait réaliste. «J'ai accès à toutes les fonctions de mon ordinateur, et avec les technologies dont nous disposons maintenant, je devrais pouvoir obtenir un niveau d'accès comparable sur mon téléphone cellulaire.» Lorsque je lui demande s'il est possible d'offrir des fonctions telles que l'énumération orale des menus et la messagerie textuelle à un prix abordable, M. Sanders soutient que «si la technologie permettant l'énumération orale n'est pas intégrée à la conception de nouveaux téléphones cellulaires pour le marché de masse, alors de tels appareils ne deviendront jamais abordables».
La nécessité de concevoir des fonctions accessibles et de les intégrer à des produits, tels que des téléphones cellulaires, ne peut que nous préoccuper davantage quand on pense à la convergence constante d'appareils, comme des téléphones cellulaires, des assistants numériques et des ordinateurs. M. Sanders est surtout préoccupé par le fait que cette convergence peut donner lieu à ce qu'il décrit comme «un nombre assez considérable de technologies regroupées mais inaccessibles.» Si cela survenait, il craint les répercussions possibles non seulement sur les personnes handicapées, mais également sur la société en générale qui vieillit rapidement.
La tendance à disposer de petits téléphones cellulaires, dotés de minuscules clés et d'un tout petit écran, constitue également un problème chez les utilisateurs ayant une basse vision. La dimension et le style de la police de caractères à l'écran peuvent à la fois être utiles et problématiques pour les utilisateurs dont la vue est restreinte.
M. Charles Laszlo, Ph.D., est professeur émérite à la faculté de génie électrique et informatique de la University of British Columbia. Il est aussi le président de la firme ALDS Inc. spécialisée dans la conception d'appareils fonctionnels pour personnes malentendantes et lui-même un malentendant qui utilise à l'occasion le téléphone cellulaire d'un membre de la famille. «Nous nous sommes assurés que les téléphones que nous utilisions étaient munis d'un collier spécial pour appareil auditif, a-t-il expliqué. Sans ce collier, je ne pourrais utiliser AUCUN téléphone cellulaire.»
Selon M. Laszlo, il est utile de pouvoir programmer un téléphone cellulaire sur le mode qui fait vibrer l'appareil, parce qu'il peut ne pas entendre la sonnerie. Il apprécie également les capacités de messagerie textuelle. «Les téléphones cellulaires de pointe récemment mis sur le marché offrent la fonction de traitement des messages à partir de sa boîte de courriel, ce qui est excellent.»
Les malentendants ont des besoins différents auxquels on peut répondre en appliquant diverses solutions. «Les personnes ayant une perte auditive à divers degré et qui utilisent différents types d'appareils d'aide à l'audition ont des besoins différents. Pour les gens comme moi, le collier spécial pour appareil auditif est essentiel. Cet accessoire est utile de deux façons. D'abord, il me permet de placer mon téléphone à distance de mon appareil d'aide à l'audition de manière à éliminer l'interférence que produit le téléphone. Ensuite, il permet de connecter le téléphone à mon appareil d'aide à l'audition sans raccordement acoustique, ce qui élimine le problème de bruits extérieurs et de distorsion que cela cause, lorsque l'on place le téléphone près de l'appareil d'aide à l'audition.
Pour les gens qui ne possèdent pas de phonocapteur et qui ne sont pas capables d'utiliser un collier spécial pour appareil auditif, mais qui doivent placer le téléphone à proximité de leur appareil d'aide à l'audition, l'interférence est problématique. Les fabricants d'appareils d'aide à l'audition travaillent en ce sens pour trouver des solutions, et certains accessoires téléphoniques sont maintenant disponibles sur le marché pour remédier à ce problème», explique M. Laszlo.
Bien qu'il soit possible de trouver des téléphones cellulaires compatibles avec des appareils d'aide à l'audition, il est essentiel de se documenter avant d'aller magasiner un téléphone cellulaire plutôt que de supposer que le vendeur avec lequel on traite comprendra les exigences et les besoins des clients malentendants. Il est possible que le vendeur ne soit pas au courant que les antennes de téléphones cellulaires numériques peuvent émettre des interférences de fréquences radio et leurs batteries, une interférence magnétique, et que l'utilisateur ou une personne qui porte un implant cochléaire ne puisse plus utiliser son appareil.
La «liste de souhaits» de M. Laszlo, c'est-à-dire les fonctions dont les téléphones cellulaires devraient, à son avis, être dotés, est relativement brève et facile à réaliser. «J'aimerais qu'il y ait une fonction de couplage «universel» qui permette de connecter le téléphone à l'appareil d'aide à l'audition à l'aide d'une méthode de couplage à infrarouge ou de toute autre méthode de couplage de courte portée. Il ne serait ainsi plus nécessaire de munir le téléphone d'une fonction de couplage acoustique avec l'appareil d'aide à l'audition, ce qui est, techniquement, possible.
J'aimerais également qu'il y ait sur le marché des colliers spéciaux inducteurs pour appareil auditif qui ne fonctionnent pas à l'aide de batteries d'appareil d'aide à l'audition, mais qui sont plus abordables que ceux que les clients peuvent trouver communément sur le marché. Le coût lié à l'utilisation d'un collier spécial inducteur conçu pour les téléphones cellulaires est très élevé, parce que trois batteries d'appareil d'aide à l'audition sont requises pour faire fonctionner cet accessoire. Il me semble qu'il ne serait pas difficile d'accroître légèrement la dimension de ces appareils.»
En fait, avec l'introduction dans le marché d'appareils munis d'une caméra vidéo et de capacités de jeux, nous commençons déjà à voir apparaître de nouveau sur le marché des téléphones cellulaires un peu plus gros. L'ajout de caractéristiques semblables n'est pas vraiment réalisable sur des modèles minuscules.
Pendant des années, M. Gary Birch, Ph.D., a eu un téléphone cellulaire dans sa voiture, mais ce n'est que tout récemment qu'il en a acquis un autre qu'il utilise, lorsqu'il est en d'autres endroits. Il est le directeur exécutif de la Neil Squire Foundation, un organisme sans but lucratif engagé dans la recherche afin de concevoir des appareils, des technologies et des produits qui faciliteront et amélioreront la qualité de vie des personnes dont la mobilité est sévèrement réduite, des personnes âgées et des personnes qui se rétablissent d'une maladie ou d'une blessure. M. Birch est quadriplégique, mais il peut encore se servir un peu de ses doigts.
«J'utilise un téléphone cellulaire pour faire et recevoir des appels et pour effectuer le suivi des appels précédents, explique-t-il. Je ne me suis pas préoccupé des fonctions, comme la fonction de répertoire ou les jeux. Les fonctions dont j'ai besoin, je les utilise, mais pour quelqu'un ayant une dextérité moindre que la mienne, ce serait impossible. Modifier le téléphone cellulaire de manière à pouvoir accéder à certaines de ses fonctions nécessiterait un nombre élevé de joules.»
M. Birch est d'autant plus frustré en raison du fait qu'il a déjà existé sur le marché une gamme de produits de téléphonie cellulaire munis d'un accès externe qui pouvait servir à relier la technologie d'adaptation à l'appareil. «L'accès servait vraiment aux fins de diagnostic et nous avons collaboré pendant un certain temps avec les fabricants afin de concevoir des interfaces qui permettraient de relier le téléphone cellulaire à d'autres appareils. Ces interfaces ont même été présentées au siège social de l'entreprise, mais à l'arrivée sur le marché de la génération suivante de téléphones cellulaires, les fabricants ont abandonné l'idée de munir leurs appareils d'un accès externe. Je ne crois pas qu'ils ont agi ainsi pour des raisons de coûts, parce que les frais engagés étaient minimes. À mon avis, les responsables investis d'un pouvoir décisionnel n'ont tout simplement pas réalisé à quel point l'accès interne revêtait une importance pour les personnes handicapées.»
.Pour les personnes qui ont une mobilité sévèrement réduite l'intégration ou l'interconnexion des téléphones cellulaires à d'autres appareils d'information ou de communication peut permettre d'accroître l'accessibilité. Par exemple, certains téléphones cellulaires sont munis d'un assistant numérique qui présente une interface à infrarouge ou un autre type d'interface, ce qui permet à l'utilisateur d'exécuter un éventail plus large d'opérations électroniques. Cependant, à moins que les points d'accessibilité soient intégrés à ces appareils de manière à ce qu'ils puissent être contrôlés, ils peuvent marginaliser davantage les personnes atteintes d'une invalidité. «En général, pour qu'il soit plus facile d'adapter ces appareils, il est seulement nécessaire d'apporter de simples modifications au micrologiciel», soutient M. Birch. «Il ne s'agirait même pas d'un coût énorme pour les fabricants.»
M. Birch affirme également qu'en plus de fournir des téléphones cellulaires munis d'un «point» d'accessibilité adaptables qu'utiliseront les personnes qui ont besoin d'autres méthodes d'entrée et de sortie, les fabricants devraient aussi fournir un certain soutien, notamment un soutien technique, aux organisations qui tentent de concevoir des appareils adaptés qui amélioreront l'accessibilité à la téléphonie cellulaire. «Aujourd'hui, avec de plus en plus de gens qui se fient à ces technologies, si la conception est inaccessible, il peut être plus difficile pour les personnes handicapées de s'intégrer au courant dominant. Nous devons trouver un moyen d'adapter ces appareils.»
Que devons-nous donc faire? Des règlements ont été adoptés dans d'autres pays, notamment aux États-Unis et en Australie, afin de s'assurer que l'on répond aux besoins des clients handicapées en matière de télécommunications. Toutefois, il est à noter que la Federal Communications Commission des États-Unis s'occupe actuellement de régler des plaintes déposées selon lesquelles les sociétés de télécommunications américaines continuent de fournir des services qui ne répondent pas aux besoins des clients aveugles et à basse vision. La Commission s'occupe aussi de régler des plaintes concernant l'incompatibilité récurrente des téléphones cellulaires avec les appareils d'aide à l'audition.
De nombreuses organisations qu'ont créées des personnes handicapées ou qui ont été mises sur pied pour défendre leurs droits sont plus que jamais convaincues qu'il est nécessaire de mettre en place des règlements canadiens. ARCH établit un lien entre la «Charte canadienne des droits et libertés» qui interdit la discrimination pour des motifs tels qu'une incapacité et le pouvoir de réglementation dont il est fait mention dans la «Loi sur les télécommunications». ARCH insiste sur le fait que la Charte stipule qu'il incombe au CRTC d'affirmer ses compétences afin de réglementer l'accessibilité à des services de télécommunications et la vente d'équipement terminal, y compris les appareils sans fil. Il est à noter que, bien que le CRTC soit investi de certains pouvoirs juridiques concernant la vente et la location d'équipement terminal par des entreprises de télécommunications qui fournissent des services dans leurs propres réseaux, la Commission n'a aucune influence directe sur les vendeurs d'autre équipement terminal et sur les fabricants. Qui plus est, certains débats ont été lancés parmi des fournisseurs de services de télécommunications, tels que Bell Canada et Telus, quant à savoir si le CRTC est l'organisme approprié pour régler la question concernant l'équipement terminal, étant donné que la Commission n'établit aucune norme technique dans ce domaine.
Toute réglementation d'équipement de télécommunications visant à améliorer l'accessibilité des appareils et des services requiert la mise en œuvre d'un processus d'étude et de consultation pour qu'une telle réglementation soit mise en application correctement. Tant ARCH que l'INCA ont recommandé que le CRTC entreprenne une étude afin de cerner les besoins des personnes handicapées. Le 23 septembre dernier, la Commission a fait parvenir une lettre à toutes les parties concernées de la requête qu'ont déposée les Stark, dans laquelle elle annonce qu'un expert-conseil en recherche sera engagé en vue de produire un rapport en s'appuyant sur les renseignements actuellement disponibles dans le dossier portant sur cette décision. Dès qu'il aura été présenté, les parties seront informées de la disponibilité du rapport et une nouvelle procédure qui tient compte des diverses requêtes inscrites au registre sera mise en œuvre.
Pendant ce temps, la Division du vieillissement et des aînés à Santé Canada a octroyé une contribution financière provenant du Fonds pour la santé de la population à l'Association canadienne de normalisation (CSA) afin que cet organisme puisse mener une recherche qui permettrait de définir davantage la façon d'améliorer l'accessibilité et la convivialité des téléphones par câble et sans fil. La CSA et le British Columbia Institute of Technology collaborent avec des adultes d'un certain âge afin de déterminer de quelle façon ils peuvent utiliser plus facilement et efficacement des technologies communes après avoir obtenu des directives. L'un des articles choisis pour cette étude est le téléphone cellulaire. Les résultats de cette recherche pourront peut-être profiter aux parties qui participent aux procédures du CRTC.
L'INCA, pour sa part, croit que les services de télécommunications doivent être davantage accessibles et faciles à se procurer. Dans sa réponse qu'il a récemment présentée aux interrogations du CRTC, l'INCA a insisté sur le fait que «la Loi sur les télécommunications mandate le CRTC à s'assurer que les personnes aveugles les personnes sourdes et aveugles ou les partiellement voyants utilisent et bénéficient des services que fournit le réseau de télécommunications au même titre et aux mêmes coûts que les autres abonnés. Le CRTC doit veiller à ce que tous les types de terminaux soient rapidement disponibles, facilement accessibles et abordables en temps réel sur le marché [...] Ces terminaux doivent être offerts chez les détaillants, non pas comme des appareils spéciaux ou adaptés, mais comme des appareils qui font partie intégrante de la gamme de produits offerts à tous les Canadiens et Canadiennes et destinés à la population en générale».
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